Bernard Blier, né à Buenos Aires en 1916 de parents français, s'est imposé comme l'un des seconds rôles les plus fiables du cinéma français de l'après-guerre. Révélé par Marcel Carné dans Le Jour se lève (1939), il couronne la décennie suivante avec l'inspecteur sardonique de Quai des Orfèvres (1947). Il devient ensuite pilier de l'univers de Michel Audiard, inoubliable en amateur de vin escroc dans Les Tontons flingueurs (1963) et Le Cave se rebiffe (1961). Père de Bertrand Blier, il boucle sa carrière sur la note corrosive de l'industriel de Buffet froid (1979), ultime leçon d'humour français à froid.
Bernard Blier
73 ans (11 jan 1916 – 29 mar 1989)Buenos Aires, Argentina
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Bernard Blier, né à Buenos Aires en 1916 de parents français, s'est imposé comme l'un des seconds rôles les plus fiables du cinéma français de l'après-guerre. Révélé par Marcel Carné dans Le Jour se lève (1939), il couronne la décennie suivante avec l'inspecteur sardonique de Quai des Orfèvres (1947). Il devient ensuite pilier de l'univers de Michel Audiard, inoubliable en amateur de vin escroc dans Les Tontons flingueurs (1963) et Le Cave se rebiffe (1961). Père de Bertrand Blier, il boucle sa carrière sur la note corrosive de l'industriel de Buffet froid (1979), ultime leçon d'humour français à froid.
Bernard Blier, fils de médecin, naît le 11 janvier 1916. Elève du lycée Condorcet, Bernard peine à s’intéresser aux études et s’inscrit dans un cours de théâtre en 1931. Le jeune acteur rêve de monter sur scène mais connaît des débuts difficiles. Il décide alors de suivre les cours du comédien Louis Jouvet au conservatoire et se fait une petite place au cinéma. On lui confie notamment des rôles dans le cultissime Hôtel du Nord aux côtés d’Arletty et de son ancien professeur, puis dans Le Jour se lève où il rencontre son futur ami intime Jean Gabin. Bernard collabore fréquemment avec le dialoguiste Michel Audiard et retrouve le même noyau dur d’acteurs (Jean Gabin, Lino Ventura) pour le plus grand plaisir du public dans des comédies de gangsters. Parmi ses plus grands succès, Les Tontons flingueurs et Les Barbouzes demeurent incontournables. La complicité des comédiens crève l’écran et ceux-ci se retrouvent fréquemment dans le privé pour partager leur amour de la bonne chère. Si Bernard se fait plus discret durant les années 1970, il revient au sommet de sa gloire dans la décennie suivante dans des comédies grinçantes. Son fils, Bertrand, le met en scène aux côtés de Jean Yanne dans Calmos puis dans Buffet froid.
En 1989, Bernard reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. L’acteur apparaît très affaibli, et Michel Serrault lui remet son prix sans parvenir à dissimuler son émotion. Quelques semaines après la cérémonie, l’acteur fétiche de Georges Lautner décède des suites d’un cancer de la prostate. La carrière éblouissante de son fils, Bertrand, constitue le plus bel hommage qu’on puisse rendre à cette icône du cinéma français.
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